A-1. Annonce du diagnostic

1 - Faut-il annoncer le diagnostic ?

Oui, il faut annoncer le diagnostic (Loi du 4 mars 2002 ; Code de déontologie médicale).

L’objectif est de chercher à dire la vérité à la personne malade. Si elle en est d’accord, le diagnostic sera communiqué à sa famille ou à la personne de son choix. L’adhésion de la personne au projet de soins et au traitement n’est possible que si le diagnostic a été annoncé. A un stade précoce, les capacités cognitives de la personne sont suffisamment conservées pour que la compréhension en soit possible. Il est inconcevable que la personne apprenne seule le diagnostic en lisant la notice d’un médicament.

2 - Y-a-t-il un risque à annoncer le diagnostic ?

Non, sous réserve de traiter préalablement tout état dépressif majeur, par ailleurs très rare.

3 - A qui annoncer le diagnostic ?

A la personne malade.
- Si le patient est demandeur et sa famille s’oppose à ce qu’il connaisse le diagnostic, annoncer le diagnostic à la personne malade en tenant compte des motifs évoqués par la famille. Rechercher et analyser les raisons de l’opposition de la famille et tenter de la lever.
- Si le patient présente des difficultés de compréhension du fait du stade avancé de la maladie, il doit pourtant rester acteur et non simple objet de soins. C’est à lui et pas seulement à ses proches que le diagnostic doit être annoncé.

A la famille ou à la personne de confiance avec l’accord de la personne.
- Le fait d’accepter d’être accompagné à la consultation par cet aidant pourrait signifier un accord implicite pour ce partage.
- Si le patient est indifférent et n’exprime pas de demande, vérifier qu’il n’est pas opposé à l’annonce du diagnostic à sa famille.
- Si le patient refuse que le diagnostic soit communiqué à sa famille, rechercher les motifs de ce refus et tenter de lever ses réticences en lui expliquant l’utilité de partager ce diagnostic avec un proche de son choix (importance des aides apportées par l’entourage lors de l’évolution de la maladie). Si le refus persiste, aborder de nouveau cette question au cours du suivi.

Aux soignants avec l’accord de la personne. Le diagnostic est alors partagé avec tout soignant amené à prodiguer des soins à la personne, le soignant étant informé des éléments diagnostiques nécessaires à des soins de qualité.

Au médecin traitant, et rapidement. Il est fortement impliqué par sa proximité avec le malade. Cette information lui permet de partager l’annonce du diagnostic et le suivi.

4 - Qui annonce le diagnostic ?

Un des médecins impliqués dans l’élaboration du diagnostic. Le médecin qui a construit le diagnostic est responsable de l’annonce de celui-ci et du suivi ultérieur de la personne.

5 - Comment annoncer le diagnostic ?

L’annonce du diagnostic est faite en prenant en compte l’histoire de vie du patient, sa représentation de la maladie et ses craintes, ce qui peut nécessiter un travail préalable avec le médecin traitant et la famille. L’annonce ne se fait pas en une seule fois. Il est souvent utile de répéter à des moments différents ce diagnostic. L’annonce du diagnostic ne revêt pas un caractère d’urgence et peut être délivrée en plusieurs étapes selon la réceptivité de la personne. Elle ne peut être envisagée en dehors d’un suivi du patient, de l’aidant principal et des proches.

Pour information :

LOI DU 4 MARS 2002

article L 1111.2

“Toute personne a le droit d’être informée sur son état de santé”. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui lui sont proposés (…).

Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. (…) La volonté d’une personne d’être tenue dans l’ignorance d’un diagnostic ou d’un pronostic doit être respectée, sauf lorsque des tiers sont exposés à un risque de transmission.

Les droits des (…) majeurs sous tutelle mentionnés au présent article sont exercés (…) par le tuteur. Les intéressés ont le droit de recevoir eux-mêmes une information et de participer à la prise de décision les concernant,d’une manière adaptée (…) à leurs facultés de discernement (…)”.

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CODE DE DEONTOLOGIE MEDICALE

décret 95-1000 du 6 septembre 1995

Article 33 : “Le médecin doit toujours élaborer son diagnostic avec le plus grand soin, en y consacrant le temps nécessaire, en s’aidant dans toute la mesure du possible des méthodes scientifiques les mieux adaptées et, s’il y a lieu, à l’aide de concours appropriés.”

Article 36 : “Le consentement de la personne examinée ou soignée doit être recherché dans tous les cas.”

Posté le 31 décembre 2007 par webmaster